Week 32: Tchad

Every crumb of life must be used to conquer dignity!
Fatou Diome (Le ventre de l’Atlantique)

Official name: Tchad

Superficie: 1 284 000 km2

Population: 16 573 703 habitants (estimation 2020)

Capitale: N’Djamena

Villes principales: Moundou, Sarh, Abeche, Kelo, Koumra.

Langue officielle: Français, Arabe

Langues courantes: Sara, kanembou, daza, maba, naba, moussei, moundan…

Monnaie: FCFA (XAF)

Fête nationale: 11 Août 1960

Religions: 40,6 % chrétiens; 55,3 % musulmans ; 1,4 %  religions traditionnelles.

Fuseau horaire: UTC + 1

Hymne nationale: La Tchadienne

History

Le Tchad précolonial

Vers 800, un peuple, qui serait issu du métissage des populations du Sud et des populations du Nord, fonda en bordure nord-est du lac Tchad le royaume du Kanem. Celui-ci se développa grâce au contrôle du commerce saharien vers la Méditerranée et au trafic d’esclaves capturés dans le Sud et acheminés vers le Fezzan et Tripoli. À l’exemple de plusieurs pays africains au sud du Sahara, le premier contact du Tchad avec l’islam s’est produit vers le VIe siècle. Toutefois, la pratique de la religion musulmane n’eut lieu que vers le Xe siècle lors de l’islamisation du royaume du Kanem. Cette islamisation fut suivie par la traite des esclaves, ce qui remit en cause la relative cohabitation qui existait entre les royaumes. Le Kanem possédait une armée forte et entraînée, un réseau de fonctionnaires chargés de maintenir l’ordre et de prélever les impôts jusque dans les régions lointaines, et une économie prospère. Mais des querelles de pouvoir et des dissensions religieuses affaiblirent l’empire. Les Boulalas, vassaux du Kanem, en profitèrent pour se révolter. Au XIVe siècle, les attaques répétées des Arabes obligèrent les Sefawad à fuir le Kanem. Au XVe siècle, la dynastie des Sefawad constitua un nouvel empire, à l’ouest du lac, dans le Bornou. Au XIe siècle, les souverains de Kanem se convertirent à l’islam, puis au XIIIe siècle ils étendirent leur domination jusqu’au Bornou (dans l’actuel Nigeria), au Fezzan et au Ouaddaï, en direction du Nil. Au siècle suivant, l’empire de Kanem-Bornou fut affaibli par les raids des nomades boulalas venus de l’est, qui contraignent son souverain à se réfugier au Bornou en 1380. Le royaume de Bornou réussit à reconquérir le Kanem au XVIe siècle. À partir du XVIIe siècle, le royaume du Bornou dut céder ses parties périphériques aux Touaregs du Nord-Ouest. Ce déclin favorisa l’apparition au nord-est de trois sultanats musulmans esclavagistes: le Baguirmi, le Ouaddaï et le Darfour…

La colonisation française

À la fin du XIXe siècle, la France lança plusieurs expéditions pour prendre le contrôle du Tchad afin de relier ses possessions d’Afrique du Nord, du Centre et de l’Ouest. Malgré les fortes résistances de la part des forces de Rabah Zobeir, un Soudanais arabisé et marchand d’esclaves, qui avait conquis le Borkou et le Baguirmi et le découpage du Tchad entre les britaniques, les allemands et les français, la France intensifie ses explorations dans le bassin du Tchad. En 1910, le Tchad fut rattaché à l’Afrique équatoriale française (AEF)  avant de devenir, dix ans plus tard, une colonie autonome dotée d’une administration civile. Le français était la langue officielle du territoire. C’est pourquoi les autorités françaises furent impitoyables à l’égard de l’arabe et à ceux qui l’enseignaient; non seulement l’arabe pouvait concurrencer le français, mais il était confondu avec la religion musulmane considérée comme un véhicule de la résistance tchadienne contre l’occupant et sa politique d’assimilation. En 1923, la frontière soudano-tchadienne fut fixée avec précision et, en 1929, le Tchad intégra le Tibesti. De façon générale, les Français ne développèrent que fort peu leur colonie du Tchad. Ils se contentèrent d’imposer la culture du coton dans le Sud et d’utiliser les Tchadiens pour construire le chemin de fer Congo-Océan, mais le travail forcé provoqua de nombreuses révoltes chez les autochtones… Ce fut le début des luttes pour l’indépendance. En 1946, naquit le Parti progressiste tchadien (PPT) dirigé notamment par un enseignant tchadien de l’ethnie sara, François Tombalbaye (1918-1975). En 1956, le PPT remporta les premières élections au suffrage universel, organisées selon les dispositions de la loi-cadre Defferre, qui renforçait l’autonomie locale. En 1959, un an après que le Tchad soit devenu une république autonome au sein de la Communauté française, François Tombalbaye devint premier ministre.

L’indépendance du Tchad

Dernière colonie conquise par la France, le Tchad fut la base de départ de la résistance militaire française à l’Allemagne au cours de la Seconde Guerre mondiale. A l’instar de plusieurs autres colonies de l’Afrique francophone, le Thad prit rapidement consience du statut de non-invicibilité de l’homme blanc et ce, grâce aux afres de la seconde guerre mondiale et des actions des USA et de l’URSS. La république du Tchad, proclamée le 28 novembre 1958, a accédé à l’indépendance le 11 août 1960 sous la présidence du dirigeant du Parti progressiste tchadien, le PPT, François Tombalbaye. Celui-ci reconduisit le français comme langue officielle. Mais l’indépendance raviva la rivalité séculaire entre le Sud dominé jusqu’à la colonisation française, et le Nord (Borkou, Ennedi, Tibesti, ou BET), une région où l’administration militaire n’avait jamais cessé de s’exercer durant toute l’époque coloniale. Le président François Tombalbaye poursuivit une politique favorable aux populations chrétiennes et animistes du Sud contre les nordistes de confession musulmane. En pratiquant une politique de marginalisation des populations nordistes, le président Tombalbaye suscita des rébellions. En 1963, Tombalbaye réprima durement la révolte des musulmans du Nord, principales victimes de sa politique, puis les troubles dégénérèrent en quasi-guerre civile à partir de 1965. L’armée française intervint finalement en avril 1969 contre la rébellion et indirectement contre la Libye, dont le guide, le colonel Kadhafi, apportait son appui logistique au Front de libération nationale du Tchad (Frolinat) et revendiquait des droits sur la bande d’Aozou.  En 1973, la Libye annexa la bande d’Aozou. Un coup d’État en 1975 libéra le Tchad du dictateur assassiné et sonna la fin des «sudistes» au pouvoir, totalement évincés en 1979. Le général Félix Malloum, qui succéda à la tête de l’État, renforça la dictature de François Tombalbaye. Les rebelles nordistes lancèrent une nouvelle offensive en 1977. L’année suivante, l’arabe devint la langue co-officielle avec le français; depuis, le sujet revient régulièrement sur le devant de la scène politique nationale et, occulté ou écarté volontairement, assimilé par certains à l’expansion de la langue arabe et sujet à controverses, la question de l’islam n’a jamais été l’objet d’un échange serein au Tchad….

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