Week 36: Focus Nigeria

Every crumb of life must be used to conquer dignity!
Fatou Diome (Le ventre de l’Atlantique)

Official name: Republic of nigeria

Superficie : 923 768 km²

Population: 923 768 km²

Capitale : Abuja

Villes principales : Lagos, Kano, Ibadan, Abuja, Port Harcourt, Benin City

Langue officielle : Anglais

Langues courantes : 

Hausa, Yoruba, Igbo (Ibo), Fulani, plus de 500 autres langues

Indigènes

Monnaie : Naïra (₦ NGN)

Fête nationale : 1er Octobre 1960

Religions : 49,3% de chrétiens ; 48,8 % de musulmans ; 1,4% religions

traditionnelles.

Fuseau Horaire : UTC + 1

Hymne national : Arise Oh Compatriots, Nigeria’s Call Obey

History

Le Nigéria a abrité, entre le VIIe siècle avant notre ère et le IVe siècle, une des plus brillantes cultures d’Afrique, la culture Nok, qui a produit un art magnifique. Des cités-Etats ont vu le jour en pays Yoruba à la même ère et connaîtront une prospérité, notamment grâce à la traite négrière, jusqu’au XIXe siècle. La civilisation voisine du Bénin quant à elle a fleurit à partir du XVe siècle, mais apparaît déjà en ruine à l’arrivée des Anglais dans la région au XIXe siècle. L’apparition des Européens remonte au XVe siècle, avec l’installation de comptoirs commerciaux  par les Portugais tout le long de la côte. Entre 1500 et 1510, ces derniers nouent des relations diplomatiques avec le royaume de Bénin (région de Lagos, dans le Nigéria actuel). Sous couvert d’une christianisation qui demeurera superficielle. C’est le commerce qui est la clé.  Les termes des échanges seront simples : des esclaves – que les Portugais troquent dans un premier temps contre de l’or, au Ghana, et, plus tard, achemineront vers le Brésil – contre des  étoffes, de l’alcool et surtout des armes – que le roi du Bénin utilisera dans ses guerres de voisinage, notamment contre les Igala. Les Portugais sont presque complètement évincés au XVIIe siècle. Français, Danois et Hollandais prennent le relais et établissent une série de forts le long de la côte. Puis viennent les Britanniques qui prennent progressivement le contrôle économique de la région. La Traite alimente désormais l’Amérique du Nord engagée dans une économie de plantations. Malgré l’interdiction de la traite est instaurée en 1815 par le Congrès de Vienne,  ce commerce se poursuivra de façon clandestine jusqu’au milieu du XIXe siècle. Ses victimes auront été souvent les Yoruba et, et une population qui leur est apparentée par la langue, celle des Ibos (cour inférieur du Niger), ou des  Idjo  (delta du Niger), des  Ibibio et Ehoi. A cette époque, existent, au Nord de la Côte des esclaves, deux grands États, le Bornou, et l’empire de Sokoto, dernier avatar des États Haoussa dont l’histoire remonte au XIIe siècle. Les Britanniques vont peu à peu prendre le contrôle de tout cet espace et créer en 1900 la colonie du Nigéria.

La colonisation anglaise

L’installation des Anglais dans le pays remonte à 1879. Sur l’initiative de sir George Goldie, les sociétés anglaises de la région formèrent la National African Company Limited, qui, de 1880 à 1884, racheta  tous les comptoirs créés par les compagnies françaises  dans le bas Niger. Le 10 juillet 1885, la compagnie obtint l’octroi d’une charte royale et devint la Compagnie royale du Niger.  Elle chercha alors à développer son commerce; contrairement aux stipulations de l’acte de Berlin du 21 février 1885, elle prétendit se réserver le monopole de la navigation sur le Niger et s’opposa à toutes les entreprises de l’Allemagne et de la France sur le fleuve et son affluent, la Bénoué (affaires Flegel, Mizon, etc.). La Compagnie s’efforça surtout d’acquérir pour l’Angleterre le pays haoussa. En 1890, elle affirma, faussement, dominer le Niger jusqu’à Say (Saï) et tout le Sokoto, et l’Angleterre se fit reconnaître par la France le Sokoto et le Bornou. Elle conquit le Noupé en 1896-1897, prit Bida en 1897, et réprima de nombreuses révoltes. Enfin, la charte de la Compagnie fut révoquée, le 1er janvier 1900. Elle devint simple compagnie commerciale, mais avec d’immenses propriétés sur les deux rives du fleuve. Ses territoires furent réunis à ceux de l’ancien Protectorat de la côte du Niger (Rivières de l’huile) créé en 1881 et à la colonie de Lagos et constituèrent le Nigéria.

Le pays comprit dès lors deux parties, le Nigeria méridional ou Bas-Nigéria, et le Nigéria septentrional ou Haut-Nigéria, séparées par le parallèle passant par Ida. Chacune d’elles avait sa tête un haut-commissaire nommé par la Couronne. Le Nigéria septentrional était gardé par une armée de 3 000 fantassins et 800 hommes d’infanterie montée, plus une police de 1000 hommes; le Nigéria méridional par une force de 1250 soldats : dans les deux Nigérias, les soldats étaient indigènes et les officiers britanniques. La population était estimée, au début du XXe siècle, à environ 24 millions d’habitants.

Le Nigéria méridional seul était complètement occupé. Le pays fournissait surtout l’huile de palme, le caoutchouc, l’ivoire, le cacao, l’ébène, les bois de teinture, etc. Villes principales : Bénin. Wari, Akassa. Le Nigéria du Nord n’était occupé qu’en partie. L’Angleterre exerçait son autorité sur neuf provinces. Yola a été prise en 1901. Le Sokoto restait en principe indépendant. La capitale du Nigéria du Nord a été transférée, en 1901, de Gebha à Wushishi, près de la rivière Kaduna, au Nord-Est de Bida. Villes principales : Lokodja, Badjibo, Boussa, Ilo sur le Niger, Yola, Sokoto, Kano, Kouka, etc.  Le pays produisait l’arbre à beurre, l’huile de palme, les arachides, la gomme arabique, le caoutchouc, l’ivoire, les noix de kola. Le principal centre commercial restait Kano. Les Britanniques n’occuperonttout le territoire nigérian qu’en 1914, et, à partir de 1922, la Société des Nations leur confiera l’administration de la partie occidentale du Cameroun jusque-là entre les mains de l’Allemagne; ce nouveau territoire sera agrégé au Nigéria.

L’indépendance du Nigéria

Le pays n’échappe pas au mouvement de décolonisation qui touche l’ensemble du continent africain au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Trois mouvements, à dominante communautaire, émergent et structurent la vie politique : le Congrès du peuple du Nord (Northern People’s Congress, NPC) de Ahmadou Bello, qui rassemble les Haoussa et les Peul musulmans ; la Convention nationale des citoyens nigérians (National Convention of Nigerian Citizens, NCNC) de Nnamdi Azikiwe, parti ibo, influent dans le Sud-Est, et le Groupe d’action (Action Group, AG) d’Obafemi Awolowo contrôlé par les Yoruba du Sud-Ouest. En raison de l’existence de tels clivages, entretenus, sinon renforcés, par le colonisateur, la phase de transition vers l’indépendance est marquée par une succession de statuts, témoignant du balancement entre une solution fédérale et le choix d’une structure confédérale plus souple. Une première Constitution, octroyée par les Britanniques en 1947, met en place des instances législatives dans les provinces, avec une participation limitée des indigènes au gouvernement. Puis, en 1954, le Nigeria se dote d’une administration de type fédéral, les provinces se regroupent en trois régions (Est, Ouest et Nord), bénéficiant chacune d’une certaine autonomie avec une capitale fédérale. Le 1er octobre 1960, le Nigeria devient indépendant dans le cadre du Commonwealth. Le Premier ministre, Abubakar Tafawa Balewa, dirige un gouvernement de coalition représentant les principaux partis des régions Nord et Est. Le gouverneur général, Nnamdi Azikiwe, devient président lorsque le Nigeria adopte le statut de république le 1er octobre 1963. Entre-temps, en février 1961, la région Nord de l’ancien Cameroun britannique décide, à la suite d’une consultation électorale d’être rattachée au Nigeria, tandis que le Sud bamileke réintègre le Cameroun.  Erigé en république fédérale en 1963, le Nigéria moderne va connaître par la suite de fortes instabilités. La plus grave crise sera la meurtrière Guerre du Biafra, entre 1967 et 1970,  tentative de sécession avortée de l’une des composantes du pays (les Ibo).

Menu